Je m’étais levée, vaguement indécise sur ce que je devais faire. J’avais l’intuition qu’au cœur de Bernard la tentation de l’aveu grondait... Après tout, c’était peut-être la sagesse qu’il y succombât...

En hâte, j’ai demandé:

—Christiane, voulez-vous m’excuser quelques minutes? Kate a besoin d’un renseignement. Je reviens tout de suite.

Elle a incliné la tête sans cesser de contempler le bel horizon qu’elle aime autant que moi. Mais le voyait-elle, en ce moment?...

J’ai donné les indications réclamées. Puis, au lieu de redescendre dans le jardin, je me suis rapprochée de la fenêtre et j’ai regardé vers la table à thé.

Bernard parlait, les yeux fixés sur Christiane qui écoutait, la tête un peu penchée, les mains jointes dans les plis de sa robe, l’attitude ardemment attentive.

Était-ce enfin l’aveu qui échappait à Bernard parce qu’il lui avait paru insensé de continuer à se taire, par un vain scrupule, en cette heure si proche de celle qui va les séparer?

Alors j’ai compris que je devais attendre pour les aller retrouver... Et afin de les laisser vraiment seuls, je suis rentrée à l’intérieur de la chambre, j’ai passé dans celle des enfants, m’appliquant à m’occuper de mes bagages.

Les minutes fuyaient. Je suis revenue à la fenêtre. Cette fois, la main de Christiane était dans celle de Bernard, debout devant elle... Je pouvais redescendre près d’eux.

Il a fallu, pour qu’ils s’aperçoivent de mon retour, que ma voix prononce: