Il allait dire:

—Heureusement, ce soir, nous pourrons causer, car nous dînons ensemble chez Mᵐᵉ votre mère.

Mais elle semblait l’ignorer, et une intuition lui révéla qu’il valait mieux qu’elle n’en fût pas avertie. Il la devinait effarouchée un peu par l’ivresse de la retrouver qu’il ne lui avait pas assez cachée. Et, farouche comme elle l’était, dans sa réserve, elle eût été capable de trouver un prétexte pour rester à l’écart.

L’accompagnant vers la sortie, il demanda, cela seul qu’il pouvait espérer recevoir:

—Quel jour, madame, voulez-vous bien m’indiquer, pour que j’aille vous faire mes adieux?

Elle eut une hésitation. Était-ce très sage de le recevoir?... Mais comment lui refuser alors que c’était pour le front qu’il repartait... Et elle répondit:

—Demain, vers cinq heures, si cela vous convient. Les enfants seront là; Jean sera ravi de vous revoir...

—Merci, madame, demain cinq heures; c’est chose entendue.

—Bien! Alors je me sauve... Comme nous avons bavardé!... J’avais bien fait de regarder votre œuvre avant votre arrivée, car vous ne m’avez rien montré du tout!

—Pardonnez-moi, mon amie... La douceur de vous revoir m’a fait oublier tout ce qui n’était pas vous...