«Votre cousine,

«Charlotte Plichon.»

Nom inconnu. Cousine inconnue. Aucune grand’mère décédée. Alors?... Alors, après la première minute de surprise, j’ai compris. Cette lettre est due à des combinaisons machiavéliques de Max pour que j’aille le trouver dans la zone prohibée. Avant de répondre à ma mystérieuse cousine, j’ai communiqué sa lettre à Max. J’avais bien deviné. Il en est l’instigateur. Un de ses camarades est marié à X... Sa femme y est née, y habite et jouit d’un sauf-conduit pour aller, autant qu’elle en a besoin, à la grande ville proche de X... J’en tais également le nom. Ce sauf-conduit, elle veut bien me le prêter. Il me sera apporté à... où je dois me trouver jeudi, à trois heures, chez une autre cousine également inconnue, Mˡˡᵉ Duval. Là, toutes les instructions nécessaires me seront données par un émissaire très sûr.

Est-ce que je rêve?... Je le croirais si les lettres n’étaient là, devant moi. En silence, le cœur palpitant de bonheur, je fais mes préparatifs pour cette fugue merveilleuse.

Mon Dieu! pourvu qu’elle puisse s’accomplir!... Ce serait si beau que je n’ose espérer la voir réalisée!

8 octobre.

Et elle s’est accomplie... Déjà, elle est finie. Et pour la revivre, je veux en noter tous les détails. Plus tard, avec Max, ce sera amusant de les relire!

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C’était seule qu’elle les relisait, dans le chemin de croix qu’elle voulait refaire, en cette soirée, pour se rapprocher de l’éternel absent.