— Alors, monsieur André, c’est chose convenue ! Je vous attends demain, demain matin, car dans la journée nous serons à Nice pour la bataille des confetti…
Ah ! bien volontiers, André promit… Depuis si longtemps, il était privé de sa présence !… Et tant de fois il avait songé au moment où il se retrouverait près d’elle !
Aussi, perdu dans la foule, il la suivit des yeux, tandis qu’avec lady Graham, elle atteignait le seuil de la villa Samiens. A ce moment, un homme d’allures très élégantes approchait et les rejoignit…
André n’avait vu qu’une seule fois Georges de Flers !… Pourtant, il n’hésita pas une seconde à le reconnaître !… Le jeune homme s’était effacé pour laisser pénétrer lady Graham et Suzy, puis il entra à son tour et la grille retomba derrière eux.
Alors, soudain, il parut à André que Suzy était maintenant loin de lui et une ombre indéfinissable assombrit le bonheur qu’il avait eu à la revoir !
Les heures, le lendemain, lui semblèrent bien lentes à passer jusqu’au moment où il crut pouvoir se présenter chez lady Graham.
Suzy l’attendait depuis longtemps. C’était pour elle un tel bonheur de penser qu’elle allait entendre parler de son cher foyer ! Cette idée avait éclairé toute la fin de sa journée, la veille, et remplissait son jeune cœur d’un frisson de joie comme si la présence d’André lui eût apporté quelque chose du parfum et du charme de son home.
Mais la matinée avançait, le jeune homme ne paraissait pas, et elle commençait à désespérer de le voir, quand la carte d’André lui fut apportée. Elle eut alors un « enfin ! » si expressif qu’il était vraiment dommage qu’André ne pût l’entendre, car il en eût emporté du bonheur pour longtemps !
Mais les premiers mots qu’elle lui adressa valaient bien cet « enfin !… »
— Oh ! monsieur Vilbert, que je suis contente de vous voir ! fit-elle avec un élan sincère qui dilata le cœur d’André.