— Il est reçu ?… Vous dites qu’il est reçu ?

— Oui, reçu ! fait encore la voix lointaine de M. Seyntis. Je ne sais par quel miracle. Mais l’évidence est là !… Notre gamin passe en ce moment l’oral. Je retourne l’entendre. J’espère que la chance sera pour lui jusqu’au bout !

Mme Seyntis ne demande pas autre chose. Ah ! oui, André reçu avec les devoirs dont il est coupable, c’est un miracle ! Elle en est si convaincue qu’elle n’a plus une seconde d’inquiétude sur le résultat définitif. Ses ferventes prières ont été exaucées ; et comme le lui avait prédit Guillemette, il lui a porté bonheur d’avoir rendu service à Mademoiselle.

Ah ! la joyeuse matinée, après ces trois jours d’angoisse. Mme Seyntis se sent la légèreté d’un papillon ; et son âme pieuse se répand en actions de grâces. Vite, elle fait prévenir M. le curé.

A midi, André arrive en coup de vent :

— Je suis reçu ! reçu !… J’ai dit des inepties en allemand et dans le cours du Rhône !… Mais ça n’a rien fait !

Il exulte et, dans la sincérité de son âme, trouve sa réussite toute naturelle. Comme lui pense Mad qui témoigne son allégresse par une danse de sauvage.

— Mère, je suis un peu en retard. J’ai voulu annoncer à M. le curé le bon résultat qu’il m’avait prédit.

— Tu as bien fait… Je lui avais déjà envoyé un mot…

Nouveau coup de timbre. C’est M. Seyntis. Lui aussi est satisfait, quoique fort surpris de cette conclusion inespérée ; et, tout en posant sur la table son chapeau et ses journaux, il explique gaiement à sa femme :