Un léger pli barrait tout à coup le front de Marc.

— Madame, veuillez m’excuser, mais je ne suis plus maintenant du nombre des danseurs.

— Mon cher ami, vous plaisantez ! Un valseur tel que vous n’a pas le droit de se dérober… Allez donc offrir votre bras à Josette. La voici justement. Josette, M. de Bresles sollicite la grâce d’un tour de valse avec toi.

C’était là Mme de Maulde tout entière, disposant des gens comme des choses, selon son bon plaisir, avec une parfaite désinvolture. Et tous, Ghislaine trop fière pour se dérober à cette impérieuse volonté, Marc trop courtois, Josette trop surprise, n’avaient qu’à la subir.

Un chant de valse s’élevait déjà, capricieusement rythmé, et des couples se levaient, commençaient à bostonner, suivant l’ondulation souple de la musique.

Les yeux de Marc rencontrèrent les prunelles profondes de Josette, et soudain son irritation tomba. Il s’inclina devant la jeune fille.

— Si Mme de Moraines veut bien m’excuser de la quitter aussi brusquement, je vous serai très reconnaissant, mademoiselle, d’accueillir la requête que Mme votre grand’mère daigne vous adresser en mon nom…

— Mais certainement, elle vous l’accorde… Allons, Josette, va vite danser ! Il est absurde que tu paraisses ainsi te désintéresser de ce qui se fait chez moi. Ghislaine, ma chère, je vous en prie, rendez la liberté à Marc qui se croit votre prisonnier !

Elle dit de sa voix grave, un peu hautaine :

— Je suis bien sûre que M. de Bresles ne croit rien de semblable ! Il sait que je désire avant tout qu’il vous soit agréable… M. de Gannes, voulez-vous me donner votre bras pour me conduire au buffet ?…