Elle inclina la tête, incapable de parler. Alors il articula péniblement :

— Vous n’êtes pas offensée de ma hardiesse ?… Vous me pardonnez ?

D’une voix que l’émotion brisait, elle dit :

— Vous pardonner de venir à moi si généreusement ?… De vouloir m’enlever à ma solitude pour me rendre heureuse ?… De toute mon âme, je vous suis reconnaissante… Et je voudrais pouvoir vous prouver combien !…

— Vous auriez consenti ?… Dites ?…

Ses paroles n’étaient qu’un murmure, mais une supplication passionnée jaillissait de ses yeux voilés. Lentement, elle dit, incapable même par pitié de n’être pas vraie :

— Je ne sais… J’aurais réfléchi… Je me serais demandé si je pouvais devenir pour vous ce que vous souhaitez…

— Et peut-être, vous auriez consenti ?… Ah ! faites-moi vivre ! vivre !… Je voudrais vivre heureux par vous, comme l’est Josette !… Que de fois j’ai résisté à cette tentation de vous demander l’aumône d’un peu de votre cœur !

Il se tut, épuisé ; mais ses yeux ne la quittaient pas. Elle vit qu’il voulait parler encore et elle pria, douce infiniment :

— Ne vous agitez pas… Pour guérir !…