5. — De sorte qu’en semant la vérité, j’avais semé des deux côtés le mensonge.

6. — N’y a-t-il, pour l’accomplissement de la justice, que ces deux voies-là ?

7. — Et le royaume des cieux, n’est-ce que Jérusalem grande comme un trône, ou n’est-ce que le dedans des nécropoles ?

8. — Et lorsque le soir tomba, il me sembla voir tout d’un coup vers l’horizon de sable et de pierres, une ville se former à mes yeux, de palais, de jardins et d’arbres, et de colonnes avec, à leurs pieds, leur reflet dans des lacs, et au-dessus, une grande splendeur divine.

9. — Je sus que c’était là l’illusion des voyageurs du désert, et que cette cité et cette splendeur n’étaient pas en réalité, mais n’étaient que dans mes yeux.

10. — Et que je les créais toutes en ouvrant les paupières, et que je les détruisais toutes en les fermant.

11. — Et que c’est la preuve du pouvoir qu’on a, et que c’est cela qu’on fait toujours.

12. — Car il faut un regard pour déployer L’horizon et pour verser l’espace ; il faut quelque part, pour que le monde vive, une respiration.

13. — Car c’est lui, je dis : l’homme, qui étend le bleu là-haut et dont l’esprit marche sur les hauteurs de la mer.

14. — Et qui transporte les montagnes là où elles sont, quand il regarde.