46. — Mais d’autres disent que tu n’es pas du tout un bon Juif.
47. — Comme je ne disais rien et que les instants passaient, elle se mit à frotter avec ses doigts durcis, une marmite qu’elle avait posée sur ses genoux, pour ne pas perdre de temps, parce que le soir venait et qu’il devait apporter à manger.
48. — Elle dit : Ce serait si bien, si on disait : Marie, tu es la mère de Jésus, un honnête ouvrier dont personne ne parle.
49. — Au lieu de cela, on dit, mon petit : Ce Jésus-là, c’est un sans-patrie. Il ne respecte pas assez les gens en place et les propriétaires. Il est un communiste.
50. — Je ne sais pas, moi, mais on le dit.
51. — Laisse donc les choses comme elles sont. Elles vont très bien, je t’assure, crois-moi. Sois sage.
52. — Elle me regarda, pour me décider, avec des larmes brillantes entre ses paupières.
53. — Et j’étais prosterné, à cause de ma grande angoisse, devant celle qui m’a donné tout ce que j’ai.
54. — Je n’ai pas choisi ma mère. Qu’y a-t-il de commun entre elle et moi ?
55. — C’est la femme que j’ai vue face à face ; voilà ce qu’il y a de commun entre nous.