14. — Le fonctionnaire ne pensait qu’à sa responsabilité de fonctionnaire, et disait : Voyons, qu’est-ce que cet homme a fait de mal ?
15. — On répondait : Il a soulevé le peuple, et, de plus, il a dit qu’il était roi, alors qu’il y a César.
16. — Le fonctionnaire fut désobligé quant à la figure, et me dit : Pauvre prophète, du moment qu’ils parlent de César, j’aurais des ennuis si je ne te condamnais pas.
17. — Je savais bien que ce grand personnage voulait que je disparusse, mais il était hypocrite et lâche comme tous les puissants.
18. — Comme la foule pouvait délivrer un condamné, cette foule à qui les prêtres soufflaient ses cris, préféra délivrer Juda bar Abbas que moi (car il avait été emmené en prison).
19. — Quand il m’eut condamné et que ce fut une chose faite, le fonctionnaire me dit tout bas dans un coin, tandis que ses yeux froids me regardaient : Je me ris du roi des Juifs. Mais plus que de celui du roi des Juifs, j’ai peur de ton règne désespéré.
20. — Ils m’ont mis, devant tous, une couronne d’épines, un manteau de pourpre ; ils m’ont donné un sceptre de roseau. Ils disaient : Oh, oh, c’est le roi des Juifs, et ils m’ont souffleté en riant, tout en se prosternant devant moi.
21. — Et j’ai pensé à l’homme du chemin de Damas, et que c’était ma gloire qui commençait.
22. — J’ai pensé que ceux d’en haut feront un jour de moi comme ceux-ci, quand mon image et mon nom ressusciteront parmi eux.
23. — Ils me mettront l’habillement du roi, et me donneront le sceptre.