88. — Moi, je réunis ce commandement innombrable, en moi.

89. — Et je remplis ma conscience avec le portrait de tous ceux que je ne connais pas, et je me mêle de ce qui ne me regarde pas.

90. — Je vous aime tous, les hommes, les éternels absents.

91. — J’ai vu mon ombre se poser sur un morceau de mur et de lumière.

92. — Mes cheveux désordonnés, la pointe de mon menton et de mon épaule, en zig-zag noir sur la pierre.

93. — Je ne suis que ceci : Un pauvre ouvrier.

94. — Mais un ouvrier qui pense à la chose même du labeur et du châtiment.

95. — Je suis l’ouvrier des ouvriers.

96. — Et voici maintenant à mes yeux le bâtiment de la ville et les champs, à la fois, dans le soir, au temps du jour où les étoiles sont encore vêtues de bleu. Comme l’a fait le grand Berger de nos ancêtres, je porterai le poids de tout ce peuple, et je ne dirai pas : il est trop pesant.

97. — A cause de ceux qui sont faibles, on est faible, et à cause de ceux qui ont faim, on a faim.