12. — Et Jean se détourna, n’osant ajouter un mot de plus.

13. — Moi, je repris : Le Messie n’est pas ce qu’on croit.

14. — Jean me dit : Répète ce que tu as dit. Car on ne le voit pas encore bien.

15. — Je répondis : Le Messie, c’est l’esprit, et l’esprit est en nous.

16. — Le royaume de Dieu est comparable à une petite graine qui fera un arbre. L’arbre était donc dans la graine, et la vérité du monde est en nous. Ou bien, il est comparable au trésor qu’un homme a trouvé dans un champ, à ses pieds, et qui, une fois dans ses mains, rayonne. Nous ne sommes jamais des étrangers dans le royaume de la vérité, mais nous ne le voyons pas toujours. La royauté de le voir est en nous. Le règne de Dieu ne viendra pas tout d’un coup avec éclat, et on ne criera point : Le voici, il est ici, ou : le voilà, il est là : car, voici : Le règne de Dieu est au milieu de vous. Cela n’est-il point clair comme le jour ?

17. — Mais Jean répondit : Tu disais : Il est dans l’avenir ; comment dis-tu maintenant : Il est dans le présent ?

18. — C’est que toi, le porteur de Dieu, tu es en même temps le présent et l’avenir, si tu es vivant. Car l’homme, instant par instant, se divise en deux hommes, dont l’un tombe en arrière et l’autre tombe en avant. Si tu dis : hier, tu dis la mort ; si tu dis : demain, tu dis la vie. Dire d’un Messie : Il est là, c’est dire : Il était là.

19. — Car il faut l’attendre, pour s’appuyer sur lui.

20. — Le présent, c’est le commencement.

21. — Que ceux qui ont des oreilles entendent ; et comprennent jusqu’au cœur.