Mais il est préoccupé jusqu’au fond des entrailles par le changement de face du paysage.
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* *
Il désigne du doigt un espace dans la plaine, d’un air stupéfait, comme s’il sortait d’un songe.
—Le Cabaret Rouge!
C’est un champ plat dallé de briques cassées.
Et qu’est-ce que c’est que ça?
Une borne? Non, ce n’est pas une borne. C’est une tête, une tête noire, tannée, cirée. La bouche est toute de travers, et on voit de la moustache qui se hérisse de chaque côté: une grosse tête de chat carbonisée. Le cadavre—un Allemand—est dessous, enterré en hauteur.
—Et ça!
C’est un lugubre ensemble formé d’un crâne tout blanc, puis à deux mètres du crâne, une paire de bottes, et, entre les deux, un monceau de cuirs effilochés et de chiffons cimentés par une boue brune.
—Viens. Il y a déjà moins de brouillard. Dépêchons-nous.