—Quoi? répète l’autre, plus grandement encore.
Le vent fait trembler aux yeux l’étendue inondée et, s’acharnant sur ces masses humaines couchées ou à genoux, fixes comme des dalles et des stèles, leur arrache des frissons.
—Il n’y aura plus d’guerre, gronde un soldat, quand il n’y aura plus d’Allemagne.
—C’est pas ça qu’il faut dire! crie un autre. C’est pas assez. Y aura plus de guerre quand l’esprit de la guerre sera vaincu!
Comme le mugissement du vent avait étouffé à moitié ces mots, il érigea sa tête et les répéta.
—L’Allemagne et le militarisme, hacha précipitamment la rage d’un autre, c’est la même chose. Ils ont voulu la guerre et ils l’avaient préméditée. Ils sont le militarisme.
—Le militarisme..., reprit un soldat.
—Qu’est-ce que c’est? demanda-t-on.
—C’est... c’est la force brutale préparée qui, tout d’un coup, à un moment, s’abat. C’est être des bandits.
—Oui. Aujourd’hui, le militarisme s’appelle Allemagne.