—Occupons-nous de nous! Il ne faut pas s’ mêler des affaires des autres, mâchonna l’entêté hargneux.

—Si! il le faut... parce que ce que tu appelles les autres, c’est justement pas les autres, c’est les mêmes!

—Pourquoi qu’c’est toujours nous qui marchons pour tout le monde!

—C’est comme ça, dit un homme, et il répéta les mots qu’il avait employés à l’instant: Tant pis, ou tant mieux!

—Les peuples, c’est rien et ça devrait être tout, dit en ce moment l’homme qui m’avait interrogé—reprenant sans le savoir une phrase historique vieille de plus d’un siècle, mais en lui donnant enfin son grand sens universel.

Et l’échappé de la tourmente, à quatre pattes sur le cambouis du sol, leva sa face de lépreux et regarda devant lui, dans l’infini, avec avidité.

Il regardait, il regardait. Il essayait d’ouvrir les portes du ciel.

*
* *

—Les peuples devraient s’entendre à travers la peau et sur le ventre de ceux qui les exploitent d’une façon ou d’une autre. Toutes les multitudes devraient s’entendre.

—Tous les hommes devraient enfin être égaux.