En voilà un qui se montre, avec sa couverture formant capuchon. On dirait un sauvage ou plutôt la tente d’un sauvage, qui se balance de droite à gauche et se promène. De près, on découvre, au milieu d’une épaisse bordure de laine tricotée, un carré de figure jaune, iodée, peinte de plaques noirâtres, le nez cassé, les yeux bridés, chinois, et encadrés de rose, une petite moustache rêche et humide comme une brosse à graisse.
—V’là Volpatte. Ça ira-t-il, Firmin?
—Ça va, ça va t’et ça vient, dit Volpatte.
Il a un accent lourd et traînant qu’un enrouement aggrave. Il tousse.
—J’ai attrapé la crève, c’coup-ci. Dis donc, t’as entendu, c’te nuit, l’attaque? Mon vieux, tu parles d’un bombardement qu’ils ont balancé. Quelque chose de soigné comme décoction!
Il renifle, passe sa manche sous son nez concave, il fourre sa main dans sa capote et sa veste, cherchant sa peau, et se gratte.
—A la chandelle j’en ai tué trente, grommelle-t-il. Dans la grande guitoune, à côté du passage souterrain, mon vieux, tu parles s’il y a quelque chose comme mie de pain mécanique! On les voit courir dans la paille comme je te vois.
—Qui ça a attaqué, les Boches?
—Les Boches et nous aussi. C’était du côté de Vimy. Une contre-attaque. T’as pas entendu?
—Non, répond pour moi le gros Lamuse, l’homme-bœuf. J’ronflais. Faut dire que j’ai été de travaux de nuit, l’autre nuit.