Un éclair permit aux Hurons de s'orienter. Sans songer qu'ils pouvaient être eux-mêmes emportés par la rafale, ils se précipitèrent vers Fleur-de-Printemps.

--Deux prises valent mieux qu'une, murmura l'Oiseau-du-Tonnerre en s'avançant vers Raoul étendu sur la terre non loin de la jeune fille.

Une minute après, les Hurons s'enfuyaient portant sur leur épaule les captifs bâillonnés, garrottés et encore privés de sentiment.

Les ravisseurs coururent sans s'arrêter jusqu'au bord du fleuve. Arrivés là:

--Que mon fils dépose son fardeau, dit le Nuage-Blanc, et qu'il se rende sur l'autre rive; il fera une fausse piste pour tromper les Yakangs, qui doivent être déjà sur nos traces.

L'Oiseau-du-Tonnerre obéit sans mot dire, puis revint vers son père.

--Que devons-nous faire maintenant? demanda-t-il.

--Maintenant, répondit le Huron après avoir réfléchi quelques instants, nous marcherons dans le lit du fleuve pour faire perdre nos traces, puis nous rejoindrons nos amis de l'autre côté des collines.

Cette manoeuvre, sur laquelle le chef huron comptait pour échapper aux poursuites des Yakangs, échoua, comme nous l'avons vu, grâce à la perspicacité du trappeur.

La nuit était tout à fait venue lorsque les deux Hurons arrivèrent au camp des Enfants perdus.