--Alerte! en avant! s'écria-t-il; les Enfants perdus ont surpris le village pendant l'absence de ses défenseurs.
Les trois compagnons s'élancèrent en courant.
La nuit venait à grands pas; une demi-obscurité régnait déjà dans la campagne, et le Marcheur, la tête haute, l'oeil en feu, l'oreille au guet, écoutait les mille rumeurs qui surgissait autour de lui.
Tout à coup un grand cri suivi de plusieurs détonations se fit entendre...
Les trois amis n'étaient plus qu'à une portée de fusil du village. Soudain une immense lueur dissipant l'obcurité, illumina la scène. C'était le moment où le Serpent venait de mettre le feu au rempart de bois qui protégeait les femmes et les enfants des Yakangs.
Un coup d'oeil suffit au Marcheur pour se rendre compte de la situation et concevoir son plan de bataille. Apercevant trois grands érables qui s'élevaient derrière la loge de la médecine, à vingt pas l'un de l'autre:
--Chacun de nous va s'établir entre les branches d'un ces arbres, dit-il; nous y seront comme dans une forteresse, cachés à tous les yeux... Visez bien et pas de quartier aux brigands du désert!
En un clin d'oeil, les voyageurs furent cachés parmi te feuillage. Le Marcheur, embouchant alors la corne de bison qu'il portait à sa ceinture, en tira un son grave, prolongé.
--Courage, guerriers iroquois! s'écria-t-il de sa voix la plus retentissante; des amis arrivent! Et immédiatement les trois carabines parlèrent.