--Mon frère est guerrier; son oeil voit tout. Partons.
Les trois Indiens se mirent en marche, côtoyant le fleuve, cachés parmi les saules, les roseaux et les hautes herbes, de ce pas gymnastique qui dévore les distances sans paraître donner prise à la fatigue.
--L'ennemi des Enfants perdus est loin maintenant, dit le Loup, après deux heures de marche silencieuse. Si mes frères veulent suivre le Loup, ils les conduira plus vite par l'eau.
Les Indiens approuvèrent par un signe de tête.
Pour voyager par eau ainsi que le proposait le Loup, la première chose qui semble nécessaire est une embarcation. Or, les trois Enfants perdus n'en possédaient pas. Mais ce n'était point là une impossibilité pour ces sauvages enfants de la nature.
Un énorme tronc de peuplier gisait sur la rive, brisé sans doute par la tempête et encore garni d'une portion de ses branches dénudées.
Les Indiens s'approchèrent du tronc d'arbre et, réunissant leurs efforts, commençaient à l'ébranler, lorsque soudain un homme se dressa devant eux.
Les Indiens, surpris, reculèrent d'un pas, portant la main à leurs tomahawks.
--De par le Grand-Esprit! mes gaillards vous avez failli m'écraser, dit le nouveau venu, une autre fois, quand vous remuerez des troncs d'arbres, regardez d'abord s'il n'y a personne derrière.
--Le métis Scott! firent les Indiens.