Et voici que, malgré mon ardent désir de rentrer en France, je m'aperçois qu'on ne peut, sans quelques regrets, quitter pour toujours un pays où l'on a passé tant d'heures de jeunesse, tristes ou gaies, peu importe.

J'aurai beau faire, quelque chose de moi restera ici à jamais.

Aussi cette page, je n'ose la terminer, et ma plume, en dépit de moi, au lieu du mot fatal, trace ces vers:

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

O mon pays, mes souvenirs,
Que j'invoquais, sur cette terre nue,
Je croyais que tous mes soupirs
Jusqu'au dernier seraient pour vous. Démence!
L'heure a sonné de mon départ,
Et le bonheur de te revoir, ma France,
N'empêche pas qu'un seul regard
Ne laisse empreint d'une tristesse amère
Mon pauvre coeur, tout étonné
De sentir que de lui, sur cette terre,
Quelque chose s'était donné!


UNE FUGUE

DANS LE NORD DE L'AMÉRIQUE


CHAPITRE PREMIER