La rose de septembre et le tournesol d'or
Ont dit l'été qui brûle et l'automne qui doute;
Le bosquet s'entrelace et la grotte se voûte,
Le dédale et l'écho te tromperaient encor.
Laisse l'allée oblique et le carrefour traître
Et ne regarde pas à travers la fenêtre
Du pavillon fermé dont la clef est perdue.
Silence! L'ombre est là; viens respirer plutôt,
Ainsi que les hermès et les blanches statues,
L'amère odeur du buis autour des calmes eaux.
LE BASSIN ROSE
Si le jet d'eau s'est tu dans la vasque, si l'or
De la statue en pleurs au centre du bassin
S'écaille sur la hanche et rougit sur le sein,
Si le porphyre rose en l'onde saigne encor;
C'est que tout, alentour, s'engourdit et s'endort
D'avoir été charmant, mystérieux et vain,
Et que l'Écho muet dans l'ombre tend la main
Au Silence à genoux auprès de l'Amour mort.
L'allée est inquiète où l'on ne passe plus;
La terre peu à peu s'éboule du talus;
La porte attend la clef, le portique attend l'hôte,
Et le Temps, qui survit à ce qu'il a été
Et se retrouve toujours tel qu'il s'est quitté,
Fait l'eau trop anxieuse et les roses trop hautes.
LE BASSIN VERT
Son bronze qui fut chair l'érige en l'eau verdie,
Déesse d'autrefois triste d'être statue;
La mousse peu à peu couvre l'épaule nue,
Et l'urne qui se tait pèse à la main roidie;