D’une voix sans timbre, elle murmura :
— Mais pour quelle raison ?
Marc esquissa de la main gauche un geste évasif.
— Voyons, mon loup, pour quelle raison ?
Il baissa les yeux. Puis, d’un air excédé, comme elle insistait :
— Votre départ… La solitude… Ce bouleversement… Je ne sais plus trop ! souffla-t-il.
Hélène s’attendait à bien pis.
— Vilain nerveux ! s’écria-t-elle, presque avec bonheur. Et tu n’as pas honte ? reprit-elle. Voilà donc la confiance que tu mets en moi ! Au lieu de me parler, d’ouvrir ton cœur, (elle oubliait, à cette minute, les supplications si brutalement découragées, quelques heures plus tôt, par ses rigoureuses apostrophes), tu préfères accomplir une pareille folie ! Mon chagrin, mes angoisses, celles de ton grand-père, y as-tu réfléchi ou seulement pensé ?… Voyons, Marc, n’as-tu plus d’affection pour nous ?… Oui, je sais bien, j’aurais mieux fait de te préparer, d’amener la chose plus doucement. Pouvais-je prévoir qu’elle te mettrait dans un tel état ?
Le jeune homme écoutait sans remuer un cil.
Hélène sentit que, dans son âme, elle ne touchait rien.