Note 198:[ (retour) ] Stedman, t. I, p. 270.
Une maladie contagieuse avoit fait périr le capitaine, le contre-maître et la plupart des matelots d'un vaisseau négrier; ce qui restoit étant insuffisant pour la manoeuvre, les Nègres s'y emploient; par leur secours le vaisseau arrive à sa destination, ensuite ils se laissent vendre[199].
Note 199:[ (retour) ] Stedman, t. I, p. 270.
Les philantropes d'Angleterre aiment à citer ce bon et religieux Joseph Rachel, Nègre libre aux Barbades, qui s'étant enrichi par le négoce, consacra toute sa fortune à faire du bien. Les malheureux, quelle que fût leur couleur, avoient des droits sur son coeur; il distribuoit aux indigens, prêtoit à ceux qui pouvoient rendre, visitoit les prisonniers, leur donnoit des conseils, tâchoit de ramener les coupables à la vertu. Il est mort en 1758, à Bridgetown, pleuré des Noirs et des Blancs[200].
Note 200:[ (retour) ] Dickson, p. 180.
Les Français doivent bénir la mémoire de Jasmin Thoumazeau; né en Afrique en 1714, il fut vendu à Saint-Domingue en 1736. Ayant obtenu la liberté, il épousa une Négresse de la Côte-d'Or, et fonda au Cap, en 1756, un hospice pour les pauvres Nègres et sang-mêlés. Pendant plus de quarante ans, avec son épouse, il s'est voué à leur soulagement, et leur a consacré tous ses soins et sa fortune. La seule peine qu'ils éprouvassent au milieu des malheureux auxquels leur charité prodiguoit des secoure, étoit l'inquiétude qu'après eux l'hospice ne fût abandonné. En 1789, le cercle des Philadelphes du Cap, et la société d'agriculture de Paris, décernèrent des médailles à Jasmin[201], qui est mort vers la fin du siècle.
Note 201:[ (retour) ] Description de la partie française de Saint-Domingue, par Moreau-Saint-Méry, t. I, p. 416 et suiv.
Moreau-Saint-Méry, et une foule d'autres écrivains, nous disent que les Négresses et les Mulâtresses sont recommandables par leur tendresse maternelle, par leur charité compatissante envers les pauvres[202]. On en trouvera des preuves dans une anecdote qui n'a pas encore acquis toute la publicité dont elle est digne. Le voyageur Mungo-Park alloit périr de besoin au milieu de l'Afrique; une Négresse le recueille, le conduit chez elle, lui donne l'hospitalité, et assemble les femmes de sa famille qui passèrent une partie de la nuit à filer du colon, en improvisant des chansons pour distraire l'homme blanc, dont l'apparition dans ces contrées étoit une nouveauté: il fut l'objet d'une de ces chansons qui rappelle cette pensée d'Hervey, dans ses Méditations: Je crois entendre les vents plaider la cause du malheureux[203]. Voici cette pièce: «Les vents mugissoient, »et la pluie tomboit; le pauvre »homme blanc, accablé de fatigue, vient »s'asseoir sous notre arbre; il n'a pas de mère »pour lui apporter de lait, ni de femme pour »moudre son grain»; et les autres femmes chantoient en coeur: «Plaignons, plaignons »le pauvre homme blanc; il n'a pas de mère »pour lui apporter son lait, ni de femme »pour moudre son grain[204]».
Note 202:[ (retour) ] Saint-Méry, p. 44. Trois pages plus haut il loue en elles un extrême amour de la propreté.
Note 203:[ (retour) ] Hervey, Méditat., p. 151.