Si l'on veut détailler en chiffres ce formidable répertoire, on trouvera ce résultat:
MUSIQUE VOCALE ET INSTRUMENTALE | ||
| Musique religieuse: | Messes et Requiem | 20 |
| —— | Compositions diverses et pièces d'orgue | 65 |
| Musique profane: | Opéras, tant italiens qu'allemands | 23 |
| —— | Cantates diverses | 10 |
| —— | Romances, lieder, canons, avec ou sans accompagnement de piano ou d'orchestre | 130 |
MUSIQUE INSTRUMENTALE | ||
| Sonates de piano | 22 | |
| Fantaisies, variations, morceaux divers, à deux ou à quatre mains | 50 | |
| Sonates pour piano et violon, duos, quartettes, quintettes | 56 | |
| Duos, trios, quartettes, quintettes, pour violons ou instruments à vent (sans piano) | 47 | |
| A reporter | 423 | |
Report | 423 | |
| Symphonies | 49 | |
| Concertos | 55 | |
| Pièces diverses pour orchestre, sérénades, marches, etc. | 99 | |
| 626 | ||
On peut ajouter, pour les amateurs de statistique, que ces 626 œuvres donnent un total de 234,005 mesures, et plus d'une page du maître a été perdue.
En dehors des opéras que nous avons cités, comptons, parmi les pièces les plus célèbres, les trois symphonies, toutes écrites en 1788, celle en ut, avec son andante et son menuet si coquet et si franc; celle en mi bémol, dont le menuet est célèbre et l'andante adorable; celle en sol mineur, la plus belle de toutes, à notre avis, et qui annonce Beethoven avec son début fougueux, son menuet majestueux et entraînant à la fois. Citons encore le larghetto du quintette en fa, le quatuor en ré, l'Ave verum (1791), le lacrymosa du Requiem, qui était écrit, lorsque le compositeur Süssmayer se chargea de terminer l'œuvre posthume du maître, la jolie marche à la turque, tirée de la troisième partie, Alla turca, de la sonate en la (1779), tous les quatuors dédiés à Haydn; mais arrêtons cette liste, qui pourrait être interminable, et jetons un coup d'œil d'ensemble sur l'œuvre de Mozart (fig. 75).
Le génie de Mozart est dans la grâce, la tendresse ineffable, que nul n'a pu surpasser; il est aussi dans la merveilleuse pondération de toutes les parties de l'œuvre, dans la clarté, dans la parfaite pureté de la langue musicale. Mais ce doux, ce tendre, ce classique par excellence, possède en même temps l'esprit et la finesse, comme dans les Noces de Figaro et Cosi fan tutte, la hardiesse et la force, comme dans Don Juan.
Il donna à la scène plus de mouvement, de vie et de variété; il introduisit dans la musique quelque chose de plus humain et de plus pathétique; un souffle moderne, je dirais presque romantique, anime Don Juan.
Il serait difficile, en pensant à Beethoven, de dire que Mozart a été le plus grand des musiciens; mais on peut avancer hardiment qu'il a été le plus complet.
Ainsi finit le XVIIIe siècle en Allemagne; Hændel a donné à la musique la grandeur, Bach une langue souple riche, Haydn a jeté à flots la lumière dans cet art déjà formé; avec Glück et Mozart, la musique est devenue vivante et passionnée.
Un siècle à peine a suffi pour réunir ces cinq grands génies, auxquels notre art moderne est le plus redevable de ses progrès. En deux siècles, nous n'en avons point trouvé autant en Italie, et nous allons rencontrer Beethoven au seuil du XIXe siècle. Est-ce que les Italiens ne seraient pas, comme on l'a prétendu et comme on le prétend encore, les premiers musiciens du monde? L'historien a le droit d'en douter.
Bitter (C.-H.). Johann Sebastian Bach, 2e édition, 4 vol. in-8o, 1880.