Émigration pour l'Égypte.
Après la mort d'Alexandre, ses généraux, ainsi que les gouverneurs placés à la tête des provinces qu'il avait conquises, s'érigèrent en rois de ces provinces. Il en résulta des guerres nombreuses, qui firent aussi beaucoup de mal à la Palestine. Ptolomâus Lagi, gouverneur d'Egypte, fut le premier qui s'empara de la Palestine. Ptolomâus s'étant convaincu de la fidélité des Israélites, qui avaient observé si fidèlement le serment autrefois prêté aux rois de Perse, les obligea à lui prêter le même serment. Il en emmena un grand nombre avec lui en Egypte, et beaucoup d'autres l'y suivirent volontairement. Il les mit, en partie, dans les forteresses comme garnison, les autres s'établirent à Alexandrie, jouissant des mêmes droits que les Egyptiens et les Grecs. Seleucus Nicator, roi de l'Asie Mineure, aimait aussi les Israélites à cause de leur fidélité, et il parvint à en attirer un grand nombre en leur accordant les mêmes droits qu'aux Grecs et en les élevant au rang des premiers citoyens. C'est principalement à Antiochie, la capitale, que beaucoup d'Israélites s'établirent. Ils se répandirent en général à cette époque bien avant dans l'Asie Mineure, dans la Syrie et dans la Grèce.
Ptolomâus Philadelphus, protecteur des sciences, possédait à Alexandrie une bibliothèque de plus de deux cent [pg 260] mille ouvrages. Il fit prier le pontife à Jérusalem de lui remettre une copie des saintes Ecritures et de lui envoyer en même temps quelques savants pour en faire la traduction en grec. Éliésar, alors pontife, lui envoya une magnifique copie accompagnée de soixante-douze hommes savants, qui en accomplirent la traduction, ordinairement appelée traduction des septante ou des soixante-dix interprètes. Cette traduction était très-considérée par les Israélites qui demeuraient hors de la Palestine. Ils s'en servaient pour expliquer la loi et pour en faire la lecture dans les synagogues, tandis que les Israélites en Palestine se servaient, pour le même usage, d'une traduction chaldéenne.
Le peuple israélite jouit de la paix pendant le long règne de Ptolomâus, il s'adonna alors en grande partie aux sciences, se familiarisa avec la littérature grecque et embrassa les usages et les coutumes de cette nation.
Antigonus, président du grand conseil, enseignait entre autres préceptes, qu'on ne peut servir Dieu, comme le serviteur sert son maître, en espérant d'être récompensé; mais qu'il faut le servir par l'amour le plus pur. Cette doctrine fut mal comprise par deux de ses élèves qui se nommaient Sadoc et Baithos. Ils en répandirent la maxime erronée, qu'il n'y a, après la mort, ni récompense ni punition. Les partisans de cette doctrine fausse, funeste et hérétique, étaient appelés la secte des Saducéens.
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CHAPITRE VIII.
DEPUIS LA GUERRE DE LA DÉLIVRANCE JUSQU'AUX
TEMPS DE L'INDÉPENDANCE.