Construction du temple égyptien.

Pendant ces victoires remportées par les Machabées, Ménélaus, ce prêtre sacrilége, se réfugiait en Syrie où il mourut d'une mort honteuse. Un autre prêtre nommé Onias, croyant avoir des titres au pontificat, se retira en Egypte lorsqu'il vit qu'un autre lui était préféré. Arrivé dans ce pays, il s'y lia intimement avec un autre Israélite [pg 266] appelé Dositheus, et tous les deux, ils surent, par leurs talents et par leurs artifices, s'attirer tellement les égards et la considération du roi d'Egypte, Ptolomäus Philometer, qu'ils furent nommés par ce prince chefs de toute l'armée égyptienne. C'est sur leur proposition qu'un temple fut construit à Léontopolis, où s'exerçait le même culte qu'à Jérusalem. Ce temple se conserva pendant de longues années; il existait encore lorsque celui de Jérusalem était déjà détruit. Ce n'est que sous le règne de Trajan, l'empereur romain, qu'il fut ruiné.

Simon investi par la nation du pontificat et du trône.

Après la mort de Jonathan, Simon son frère fut chargé du commandement de l'armée tout en remplissant les fonctions de pontife. Il renouvela l'alliance avec les Romains et fit la paix avec Démétrius roi de Syrie. Ce fut alors que le peuple israélite, voulant témoigner toute sa reconnaissance envers cette noble famille des Machabées, résolut, dans une assemblée générale, que toutes les dignités, dont Simon était revêtu temporairement, lui restassent héréditaires. Les Romains, ainsi que le roi de Syrie, adhérèrent à cet arrêté et le peuple israélite fut de nouveau reconnu comme nation indépendante. Les Israélites, en mémoire de cet événement glorieux, frappèrent une nouvelle monnaie et établirent une nouvelle ère à dater de l'époque de la délivrance.

Simon fut assassiné avec deux de ses fils au milieu d'un festin par Ptolomäus son gendre, gouverneur de Jéricho. Jean Hyrcan, son fils, lui succéda.

[pg 267] Ce prince s'empara de beaucoup de villes, qui avaient appartenu aux Israélites avant d'être enlevées par les Syriens et les Grecs. Il assujettit les Samaritains et détruisit leur temple, établi sur le mont Garizim. Il vainquit les Iduméens, qui embrassèrent alors la religion des Israélites et se confondirent avec cette nation.

État de la religion.

Les cruelles persécutions religieuses d'une part et les relations fréquentes avec les païens de l'autre, devaient nécessairement exercer une grande influence sur les opinions religieuses du peuple. Aussi, vers cette époque, différentes sectes se firent-elles remarquer: les Hellènes, ou Israélites qui demeuraient en Egypte et exerçaient leur culte dans le temple de Léontopolis. Les Saducéens (voyez plus haut). Les Esséniens qui pour la plupart, habitaient dans la solitude, menant une vie retirée tout en admettant la communauté des biens. Ils croyaient à une récompense et à une punition future; mais ils expliquaient l'Ecriture sainte dans un sens figuré. Les Pharisiens prétendaient que Dieu, en se révélant à Moïse, lui avait communiqué la Loi écrite et lui en avait donné en même temps une explication orale; ils supposaient, par conséquent, que ces deux parties ne formaient qu'un seul tout. Cette explication, ou Loi orale, pour qu'elle ne fût pas un jour exposée à des exégèses erronées et à des interprétations arbitraires, ne pouvait être communiquée qu'à quelques hommes, les plus distingués de la nation, afin qu'ils conservassent ces doctrines pures et intactes. Ce n'est que [pg 268] plus tard, dans les temps d'oppression et de persécution, lorsqu'il était à craindre que ces traditions orales ne tombassent dans l'oubli, qu'un homme remarquable par sa piété et sa science, Rabbi Jéhuda Hanasi, se chargea enfin de les écrire. Cet ouvrage, formant six parties, s'appelle Mischna. Ce ne fut que trois cents ans après, que le commentaire de la Mischna fut recueilli (les cinq cent vingt-neuf chapitres de la Mischna s'y étendent en douze volumes in-folio) et conservé par écrit. L'ensemble de la Mischna et de son commentaire est ordinairement appelé Talmud ou Gamara.