Le garçon, interrogé ainsi,—hésite quelques secondes,—puis, ayant compris soudainement, il apporte un verre d'absinthe.

*
* *

Certaines maîtresses de maison ont adopté la coutume d'introduire dans leurs soirées des intermèdes de philanthropie. Entre deux contredanses, elles arrivent négligemment auprès des cavaliers, et, avec toutes les séductions familières aux sirènes de la bienfaisance, leur bourrent les poches de billets de loterie.—L'intention est louable, sans doute, mais quand le fait se reproduit trop souvent, cette tyrannique charité avoisine l'indiscrétion.—C'est pour en avoir fait abus cet hiver, que madame R. L... a vu son salon dépeuplé de danseurs à ses derniers bals. Mardi dernier, un critique, qui a chez cette dame ses entières franchises de tout impôt de ce genre, voulait y emmener un de ses amis.

—Ma foi, non, répondit celui-ci, je ne vais pas dans une maison où l'on sucre le café avec des orphelins.

*
* *

Demi-artiste, demi-millionnaire, mais double fat et totalité d'imbécile, un individu, qui n'a sur ses amis que la supériorité de pouvoir faire à lui seul autant de sottises que tous ses amis réunis, le jeune L... couronne, dit-on, l'œuvre de ses folies en conduisant sa maîtresse à la mairie.

—Savez-vous, lui demandait-on à ce propos, ce que dit Montaigne des gens qui épousent leurs maîtresses?

—Ma foi, non, répondit l'autre, beaucoup plus fort sur le baccarat que sur ses classiques.

—Le vieux Michel est un peu cru pour la chasteté des oreilles modernes, mais je vous traduirai son opinion en termes honnêtes: «Ce sont des gens, dit-il, qui crachent dans leur verre avant que de boire.»

*
* *