Se trouvant aux dernières courses, ***, ivre de joie d'avoir gagné une poule de cinquante francs, voulait la faire pondre dans le giron de la charmante Julie B., et tout en caracolant près de son équipage, il lui lançait des œillades dont les étincelles inquiétaient celle-ci pour ses dentelles.

—Quel est donc ce sportman qui semble nous accompagner? demanda la jeune femme à un membre du Jockey's-Club qui se trouvait auprès d'elle.

—Ce n'est pas un sportman,—c'est un sportier, ma chère.

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—On me compare toujours à ma sœur, disait la belle Julie B.... Il y a pourtant une grande différence entre nous.—Elle a toujours une douzaine d'amants, et moi je n'en ai jamais qu'un—je me tiens bien mieux.

—C'est vrai, lui répondit-on; il y a entre vous deux la différence d'un coupé de régie à un omnibus.

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Un jeune faon de la coulisse avait promis à sa biche de lui offrir, à l'occasion de sa fête,—quelques bonbons sortis des laboratoires de Mirès-Pereire-Rotschild-Millaud, etc.—Comme il lui apportait son cadeau, marchant à pas de loup pour la surprendre, il aperçut la jolie créature qui, accroupie dans un coin de son boudoir, effeuillait mélancoliquement une marguerite,—et murmurait, en enlevant délicatement chacun des pétales de l'oracle amoureux:—Il m'aime, Orléans;—un peu, Centre;—beaucoup, Nord;—passionnément, Autrichiens;—pas du tout, Midi.

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M*** possède une singulière spécialité de jettatore. Au dire de ses amis, il est de mauvais augure de le rencontrer quand on va à un rendez-vous de bonne fortune. Ou l'on ne trouve pas la personne qu'on espérait y voir, ou si on la trouve, il survient toujours quelques-uns de ces fâcheux accidents qui faisaient s'écrier à un héros de Lafontaine: