En le voyant entrer, celle-ci pensa d'abord que c'était Hoffmann dans son costume de lord Spleen; et, voulant faire bon accueil à un camarade, elle lui offrit à déjeuner. L'anglais lui répondit gravement dans un français en vingt-cinq leçons que lui avait appris un réfugié espagnol.
—Je acceptai votre invitation, à la condition que nous mangerons cet oiseau... désagréable, et il désignait la cage du perroquet, qui, ayant déjà flairé un insulaire, l'avait salué en fredonnant le God save the king.
Dolorès pensa que l'Anglais, son voisin, était venu pour se moquer d'elle, et se disposait à se fâcher, quand celui-ci ajouta:
—Comme je étais fort riche, je mettrais le prix à la bête.
Dolorès répondit qu'elle tenait à son oiseau, et qu'elle ne voulait pas le voir passer entre les mains d'un autre.
—Oh! Ce n'était pas dans mes mains que je voulais le mettre, répondit l'Anglais; c'est dessous mes pieds, et il montrait le talon de ses bottes.
Dolorès frémit d'indignation, et allait s'emporter peut-être, lorsqu'elle aperçut, au doigt de l'Anglais, une bague dont le diamant représentait peut-être 2,500 francs de rentes. Cette découverte fut comme une douche tombée sur sa colère. Elle réfléchit qu'il était peut-être imprudent de se fâcher avec un homme qui avait cinquante mille francs à son petit doigt.
—Eh bien, monsieur, lui dit-elle, puisque ce pauvre coco vous ennuie, je le mettrai sur le derrière; de cette façon, vous ne pourrez plus l'entendre.
L'anglais se borna à faire un geste de satisfaction.
—Cependant, ajouta-t-il en montrant ses bottes, je aurais beaucoup préféré...