Enfin, la lune se démasqua et sa lueur claire inonda la chambrette; Mademoiselle Francine sortit de sa rêverie en jetant un petit cri.

—Qu'avez-vous? lui demanda Jacques, en lui entourant la taille de ses bras.

—Rien, murmura Francine; j'avais cru entendre frapper. Et, sans que Jacques s'en aperçût, elle poussa du pied, sous un meuble, la clef qu'elle venait d'apercevoir.

Elle ne voulait pas la retrouver.


Premier Lecteur.—Je ne laisserai certainement pas cette histoire entre les mains de ma fille.

Deuxième Lecteur.—Jusqu'à présent je n'ai point encore vu un seul poil du manchon de Mademoiselle Francine; et, pour cette jeune fille, je ne sais pas non plus comment elle est faite, si elle est brune ou blonde.

Patience, ô lecteurs, patience. Je vous ai promis un manchon, et je vous le donnerai à la fin, comme mon ami Jacques fit à sa pauvre amie Francine, qui était devenue sa maîtresse, ainsi que je l'ai expliqué dans la ligne en blanc qui se trouve au-dessus. Elle était blonde, Francine, blonde et gaie; ce qui n'est pas commun. Elle avait ignoré l'amour jusqu'à vingt ans; mais un vague pressentiment de sa fin prochaine lui conseilla de ne plus tarder, si elle voulait le connaître.

Elle rencontra Jacques et elle l'aima. Leur liaison dura six mois. Ils s'étaient pris au printemps, ils se quittèrent à l'automne. Francine était poitrinaire, elle le savait, et son ami Jacques le savait aussi: quinze jours après s'être mis avec la jeune fille, il l'avait appris d'un de ses amis qui était médecin. Elle s'en ira aux feuilles jaunes, avait dit celui-ci.

Francine avait entendu cette confidence, et s'aperçut du désespoir qu'elle causait à son ami.