—Mais, malheureux, tu me dis toujours la même chose. Et mon chapitre des calorifères, où en est-il?

—Le calorifère va bien. Mais, à propos, mon oncle, si vous pouviez me donner un peu de bois, cela ne me ferait pas de peine. C'est une petite Sibérie ici. J'ai tellement froid, que je ferais tomber le thermomètre au-dessous de zéro, rien qu'en le regardant.

—Comment, tu as déjà consumé un fagot?

—Permettez, mon oncle, il y a fagots et fagots, et le vôtre était bien petit.

—Je t'enverrai une bûche économique. Ça garde la chaleur.

—C'est précisément pourquoi ça n'en donne pas.

—Eh bien! dit le piémontais en se retirant, je te ferai monter un petit cotret. Mais je veux mon chapitre des calorifères pour demain.

—Quand j'aurai du feu, ça m'inspirera, dit le turc, qu'on venait de renfermer à double tour. Si nous faisions une tragédie, ce serait ici le moment de faire apparaître le confident. Il s'appellerait Noureddin ou Osman, et d'un air à la fois discret et protecteur il s'avancerait auprès de notre héros, et lui tirerait adroitement les vers du nez à l'aide de ceux-ci:

Quel funeste chagrin vous occupe, seigneur,
À votre auguste front, pourquoi cette pâleur?
Allah se montre-t-il à vos desseins contraire?
Ou le farouche Ali, par un ordre sévère,
A-t-il sur d'autres bords, en apprenant vos vœux,
Éloigné la beauté qui sut charmer vos yeux?

Mais nous ne faisons pas de tragédie, et, malgré le besoin que nous avons d'un confident, il faut nous en passer.