—J'ai froid aux mains, murmura-t-elle; donne-moi mon manchon. Et elle plongea ses pauvres mains dans la fourrure.
—C'est fini, dit le médecin à Jacques; va l'embrasser. Jacques colla ses lèvres à celles de son amie. Au dernier moment on voulait lui retirer le manchon, mais elle y cramponna ses mains.
—Non, non, dit-elle; laissez-le-moi: nous sommes dans l'hiver; il fait froid. Ah! mon pauvre Jacques.... Ah! mon pauvre Jacques... qu'est-ce que tu vas devenir? Ah! mon Dieu!
Et le lendemain Jacques était seul.
PREMIER LECTEUR. Je le disais bien que ce n'était point gai, cette histoire.
—Que voulez-vous, lecteur? on ne peut pas toujours rire.
[II]
C'était le matin du jour de la Toussaint: Francine venait de mourir.
Deux hommes veillaient au chevet: l'un, qui se tenait debout, était le médecin; l'autre, agenouillé près du lit, collait ses lèvres aux mains de la morte, et semblait vouloir les y sceller dans un baiser désespéré: c'était Jacques, l'amant de Francine. Depuis plus de six heures il était plongé dans une douloureuse insensibilité. Un orgue de Barbarie qui passa sous les fenêtres vint l'en tirer.