—Ce que je vous demande avant tout, dit-il, c'est de ne jamais me parler de ma fortune, et, le plus que vous pourrez feindre de l'ignorer vous-même sera le mieux.

—Alors, monsieur, répondit Fanny en tirant de la poche de sa petite robe bleue un papier qu'elle présenta à Ulric, reprenez cette lettre qui vous appartient; car, en la trouvant sous mes yeux, je ne pourrais pas m'empêcher de me rappeler que vous n'êtes pas M. Marc Gilbert, mais bien M. le comte de Rouvres.

Ulric, étonné et ne comprenant pas, prit la lettre et l'ouvrit.

C'était la lettre qu'il avait reçue de son ancien notaire, M. Morin, quand celui-ci, prêt à vendre son étude, lui demandait s'il voulait rentrer dans la possession de sa fortune, dont les chiffres se trouvaient établis dans cette lettre.

—Vous avez trouvé cette lettre dans la poche de cette robe? demanda Ulric en pâlissant.

—Oui, répondit-elle, et voyant qu'elle vous était adressée, j'ai cru devoir vous la remettre.

—Mais, continua Ulric, cette robe appartenait à Rosette, et pour que ma lettre s'y trouvât, il fallait bien qu'elle en eût pris connaissance.

Fanny répondit par un sourire.

—Alors, continua Ulric, Rosette savait qui j'étais,—elle savait que j'étais riche,—et son amour... ah! malheureux! Et il tomba anéanti sur le carreau.

Environ un mois après, comme Fanny, revenue dans son appartement, s'apprêtait à aller au bal masqué, elle vit entrer chez elle Tristan, qui tenait à la main un petit paquet.