—Marie est malade et ne peut sortir ce soir, dit le peintre.

—Malade! fit Olivier, pâle d'angoisse. Conduis-moi vers elle.

—Non, reprit Urbain, elle me l'a défendu. Olivier regarda son ami, qui, malgré lui, baissa les yeux.

—Je veux voir Marie absolument, dit Olivier, entends-tu cela? ce soir, tout de suite, sans retard. Arrange-toi comme tu voudras; qu'elle vienne ou que j'aille la trouver. Choisis, il faut que je la voie.

—C'est bien, dit Urbain, qui paraissait inquiet. Je vais aller dire à Marie, malade, brûlée par la fièvre, qu'elle quitte son lit pour courir la rue, sous les frissons d'un ciel noir; je lui dirai que, dût-elle arriver en rampant sur le pavé et tomber morte sur cette place, il faut qu'elle vienne.

—Pourquoi ne veux-tu pas me conduire chez elle? dit Olivier doucement.

—Parce qu'elle ne peut point te recevoir là où elle est; ce n'est pas chez elle.

—Mais elle te reçoit bien, toi.

—Je ne suis pas son amant, moi, je ne suis que son ami à peine, et le tien; le trait d'union qui vous unit, voilà tout ce que je suis. Que décides-tu? Demain... après... dans quelques jours Marie pourra sortir sans danger pour sa santé et pour sa liberté. Attends.

—Je n'attendrai pas une minute, dit Olivier; va chercher Marie.