Il avait faim et il n'osait pas manger des plats qu'elle allait chercher elle-même à la cuisine. Elle le comprit, et, quand elle le vit absorbé elle s'éloigna pour courir au cabinet de son père.
—Père, il est là.
M. Roquevillard, penché sur un dossier, se leva brusquement. Ce fut un mouvement involontaire. Tout de suite il se posséda:
—C'est bien tard pour revenir.
—Ne le verrez-vous pas? Il est si malheureux.
M. Roquevillard réfléchit et répondit avec effort:
—J'irai le voir demain, à la prison, pour organiser sa défense.
Pas ce soir.
Et comme Marguerite s'en affligeait, il l'attira sur sa poitrine.
—Toi, dit-il, occupe-toi de lui. S'il est fatigué, veille à son repos. Demain seulement il ira se constituer prisonnier.
—Père, pardonnez-lui. Pour maman…