—Pourtant Maurice ne s'y oppose plus.

—Je ne le ferai pas. Nous avons payé sa rançon: qu'elle la garde, et ne reparaisse jamais… J'avais cité avec moi, comme témoins à décharge, ton grand-oncle Etienne et ma belle-soeur Thérèse, afin d'établir que Maurice n'était point parti sans ressources, l'employé de la Société de crédit qui t'a délivré, à la fin d'octobre dernier, le chèque de huit mille francs sur la Banque internationale de Milan au nom de ton frère, et enfin Me Doudan, le notaire.

—Pourquoi ce dernier?

—Pour qu'il déclarât la vérité du versement de cent mille francs que j'ai opéré par ses soins entre les mains de M. Frasne, et aussi le nom du véritable acquéreur de la Vigie. Le président, après avoir conféré avec M. Latache, président de la Chambre des notaires, l'a relevé du secret professionnel, et il a bien fallu qu'il révélât aux jurés la fructueuse spéculation de M. Frasne.

—C'est donc M. Frasne, demanda la jeune fille, qui a acheté la
Vigie, pour lui, pour s'y installer à notre place?

—Ne le savais-tu pas?

—Je ne pouvais pas le croire. Il y a tant de choses que je ne comprends pas. L'an dernier, aux vendanges, il avait déjà l'air de faire une enquête: il furetait partout.

—Oui, petite, c'est lui qui remplace les Roquevillard et continue la tradition. Le tout, gratuitement.

Reprenant son récit après cet accès d'amertume, il ajouta:

—Son avocat a pris la parole à onze heures.