—Tant pis, jentre quand même.
Et dépassant la servante effarée avant que celle-ci neût eu le temps de lui barrer le chemin, Jeanne traversa le corridor en courant, chercha la chambre de son amie quelle connaissait, frappa rapidement, entra et se jeta dans les bras de Marguerite.
—Cest moi. Ne me renvoyez pas. Ce nest pas la faute de Mélanie.
—Vous, Jeanne? Pourquoi venir?
—Parce que vous êtes seule et que vous avez de lennui. Il y a un tas de dames qui sont allées à laudience comme à une partie de plaisir. Alors, moi, jai pensé que ma place était ici avec vous. Je vous aime bien.
Marguerite caressa la joue de son amie:
—Vous êtes bonne.
—Oh! non. Seulement jai tant damitié pour vous… Toute petite, je vous admirais déjà. Et je voudrais tant vous ressembler.
Puis, dun ton mystérieux, elle changea brusquement de sujet:
—Figurez-vous quelles ont fait toilette pour se rendre au Palais de Justice. Parfaitement, comme à une matinée.