—Oui, père.
Après quelques instants, elle revint, portant sur les bras toute une gerbe. En un tour de main, la table destinée à son frère fut transformée et d'un plaisant coup d'oeil.
—J'avais encore quelques roses, les dernières. Là, dans ce vase qui change de couleur au soleil comme l'opale. C'est très joli.
M. Roquevillard répéta complaisamment:
—C'est joli.
Mais c'était sa fille qu'il louait. Elle rit et s'envola:
—Maintenant, je cours avertir Maurice.
Le jeune homme succéda sans retard à sa soeur.
—Vous avez quelque chose à me dire? demanda-t-il en entrant, le chapeau et la canne à la main, comme s'il était pressé de sortir.
Il était de la même haute stature que son père, mais plus maigre et affiné. Bien qu'il fût aussi plus élégant de manières et de tournure, il ne portait pas, comme lui, un caractère de grandeur sur le visage et dans l'attitude. Cette majesté naturelle, M. Roquevillard, en ce moment même, s'efforçait de l'atténuer, de la remplacer par un air d'affectueuse camaraderie.