—Il est charmant, et le jour le caresse.

—C'est bizarre, observait Maurice: nous devons être chez quelque amateur de monuments funéraires. En Italie, on ne redoute pas l'accumulation.

Un homme déjà âgé, revêtu d'une blouse blanche, le ciseau du sculpteur à la main, s'avança à leur rencontre et les salua d'un geste un peu trop solennel, mélange d'obséquiosité et de noblesse. Il s'entretint en langue italienne avec le jeune homme pendant qu'Édith autorisée cueillait des fleurs. Elle les rejoignit avec une gerbe dans les mains:

—Voici mon bouquet. Mais je vous offrirai une rose à chacun.

Le propriétaire dépouillé se confondit en remerciements et formules de reconnaissance qu'elle ne comprit pas. Maurice le présenta:

—M. Antonio Siccardi. Monsieur est fabricant de ruines artificielles. C'est un beau métier.

Édith leva sur son amant des yeux interrogateurs.

—Je t'expliquerai, ajouta-t-il.

Quand ils se retrouvèrent sur la route après avoir pris congé de leur hôte d'un instant, elle s'amusa de cette profession peu connue, et répéta sur un ton de badinage:

—Fabricant de ruines artificielles?