Elle couvrit sa mère de caresses reconnaissantes et emporta sa joie dans sa chambre, où elle eut peine à trouver le sommeil.


XXI

Ariadne était installée depuis huit jours dans la maison Orline, qu'il lui semblait encore faire un rêve. Elle avait reçu tant de preuves d'estime et d'amitié de la part de la princesse, Olga la traitait avec tant de délicatesse, que l'orpheline ne pouvait croire à une si belle réalité.

Cependant, elle se fit bien vite à sa nouvelle position, car ses instincts la portaient vers tout ce qui était élégant et riche.

La seule chose pénible pour elle fut de quitter le deuil de sa bienfaitrice, sur une prière réitérée d'Olga.

La princesse, comme la plupart des dames russes de son temps, n'aimait pas qu'on portât le deuil dans sa maison, et il fallut céder sur ce chapitre.

Si douce que fût l'existence d'Ariadne, comparée avec ce qu'elle avait pu craindre, le cœur de la pauvre enfant était cruellement éprouvé par des scrupules chimériques. Elle craignait de faire tort à Olga par sa présence, et finit par le dire à sa compagne.

La princesse rassura l'orpheline, mais d'une manière qui fit une autre plaie à son cœur tant de fois blessé.