Un guide vint s'offrir, on le refusa; les jeunes gens voulaient causer librement, et d'ailleurs on leur avait assuré que, de ce côté, la falaise ne présentait aucun danger.
Ils montèrent en silence, et, une fois arrivés au point culminant, loin des yeux et des oreilles, sans s'inquiéter du paysage, Olga tourna le dos à la mer et s'adressa à Ariadne.
—Chère amie, lui dit-elle en lui prenant la main, je suis bien coupable; j'ai manqué de confiance envers toi; et pourtant, plus que personne au monde, tu méritais mes confidences. Tu me pardonneras pourtant, car, avant d'en parler à ma mère, je veux t'apprendre que Constantin et moi nous sommes fiancés.
Ariadne leva les yeux sur son amie, un léger tressaillement parcourut son corps, mais elle ne donna point d'autre signe d'émotion.
—Depuis longtemps? dit-elle avec effort.
—Depuis le mois d'août dernier.
La jeune artiste regarda Ladof, qui, lui, contemplait attentivement la mer sans la voir.
—Je vous souhaite d'être très-heureux, dit-elle doucement.
Ses lèvres avaient blanchi, ses joues étaient devenues livides. Elle chercha du regard un appui quelconque. Une pierre était à quelques pas, elle alla s'y asseoir.
—Je suis bien fatiguée, dit-elle; je vous demande pardon d'accueillir avec cette froideur apparente une nouvelle que... Soyez assurés tous les deux que je vous souhaite le bonheur du fond de mon âme.