--Mon cousin a oublié mon anniversaire, dit-elle, et il va me chercher des bonbons. Apportez-moi plutôt des marrons glacés; je les préfère.
Elle disparut avec son petit rire. Platon souriait.
--Te voilà prévenu, fit-il.
--Des marrons glacés? Elle le fait exprès! je suis sûr qu'il n'y en auras plus... à neuf heures du soir! Il va falloir les commander, je ne les aurai pas avant minuit!
L'infortuné disparut. Au bout de vingt minutes il entra triomphalement, portant des marrons glacés et un gros bouquet destiné à lui faire pardonner son inconcevable négligence.
--Merci, mon cousin, lui dit Dosia en recevant son offrande avec beaucoup de grâce. Vous me gâtez. Mais tout le monde me gâte ici; on a trouvé que ça me rend meilleurs, tout le contraire des autres, n'est-ce pas?
Pierre, surpris de sa douceur, ne savait que répondre.
--Vous m'avez oubliée, hein? Vous avez la tête... et... l'esprit ailleurs, ajouta la fine mouche. Je me suis aperçue que vous étiez fort préoccupé depuis quelque temps.
--Vous avez fait cette remarque? grommela Pierre, qui eut bonne envie de la battre.
--Oui... mais je l'ai gardée pour moi, soyez tranquille. Et même j'ai promis à ma chère Sophie que je ne vous taquinerais plus.