--Tu vois bien que non. Depuis une heure, lui, elle et toi, vous me promenez dans un amphigouri.

--Eh bien, mon ami, tâche de déployer autant de perspicacité que Dosia, car j'ai promis de ne rien dire.

Au bout d'une heure, Platon parfaitement d'accord avec sa soeur, sortait de chez elle, emportant tout ce qu'elle possédait de valeurs. Il passa chez lui, dépouilla son secrétaire et se rendit sur-le-champ au logis de Mourief.

Celui-ci, très fatigué, attristé par l'insuccès de ses dernières démarches, venait de rentrer chez lui. Couché tout de son long sur le canapé, il méditait sur la sottise des humains en général et des jeunes cornettes en particulier. L'annonce de la visite de son ami ne lui causa qu'un médiocre plaisir, car il s'attendait à une seconde édition de la semonce.

--Je suis venu voir si je pouvais t'être utile, dit Sourof en franchissant le seuil.

--Je te remercie, dit Mourief un peu embarrassé.

--Je suis fâché d'avoir été si injuste. Tu ne m'en veux pas? dit Platon en tendant les deux mains à son camarade.

--Ah! s'écria celui-ci, elle a parlé.

--Non, mon cher, mais j'ai deviné... Il n'est rien qu'on ne fasse pour son frère, continua-t-il; voici mon portefeuille, je crois que tu y trouveras de quoi terminer cette ennuyeuse affaire.

Pierre sauta au cou de son ami, qui, cette fois lui rendit son accolade.