--Clémentine, fis-je irrité, c'est le second.

--Et ce sera comme ça toutes les fois que tu seras impertinent! me répondit-elle avec la vaillantise d'un jeune coq déjà expert dans les combats.

--Mais que diable! fis-je, fort mécontent, ce n'est pas pour autre chose qu'on se marie. Quand on ne veut pas se laisser embrasser, on ne se fait pas enlever.

Clémentine devint ponceau,--honte ou colère, je n'en sais rien. J'étais extraordinairement monté, et je la regardais d'un air furieux.

--Ah, on ne se fait pas enlever. Ah, c'est pour m'embrasser que tu m'enlèves. Eh bien, attends, ce ne sera pas long.

Elle avait détaché le tablier du tarantass et se préparait à sauter à terre, au risque de se casser quelque chose: je la retins, non sans peine, et mes mains, nouées autour de sa taille,--non par tendresse, je vous le jure, mais pour la protéger,--reçurent plus d'une égratignure dans la bagarre. Elle se défendait comme un lionceau en bas âge, mais avec une vigueur surprenante.

A la fin, vaincue, elle se laissa tomber sur le coussin.

--Je n'ai que ce que je mérite, fit-elle d'un air sombre. Mais c'est une indignité. Un galant homme ne se conduit pas ainsi.

J'avais tiré mon mouchoir et J'étanchais les gouttelettes de sang qui venaient à la surface de mes égratignures.

Je lui montrai la batiste marbrée de petites taches roses.