La porte s'ouvrit doucement, et Dournof entra.

--Qu'y a-t-il? dit-il en voyant les traits bouleversés de Marianne et les lèvres rigidement serrées de la vieille servante.

--Cette femme refuse de m'obéir! dit avec effort madame Dournof, à travers ses dents serrées par la rage.

--Qu'ordonnez-vous donc? demanda son mari, plus ému qu'il ne voulait le paraître. Depuis longtemps un conflit entre ces deux femmes lui paraissait inévitable; ce qui était surprenant, c'est qu'il n'eût pas encore eu lieu. Il attendit la réponse avec anxiété.

--Madame veut faire revenir Sophie dans cette chambre.

--Pourquoi? demanda le père, en s'adressant à Marianne.

--Parce que... parce qu'il ne me plaît pas qu'on donne ici des ordres sans ma participation, parce que je ne veux pas être traitée en étrangère chez moi, parce que... je veux être consultée sur tout ce qui se passe ici.

Dournof regarda sa femme avec plus de pitié que de colère.

--Vous alliez au bal? lui dit-il, sans lui répondre.

Marianne le regarda surprise.