--Certainement: dans cinq semaines, aussitôt après Pâques. Ce sera une jolie noce, mon gendre fera très-bien les choses.
--Et Antonine, qu'en dit-elle?
--Que voulez-vous qu'elle en dise? Les jeunes filles ne disent jamais rien!
--Je me souviens pourtant que dans mon jeune temps, répliqua madame Frakine, on se faisait un brin de cour.
--C'était comme ça autrefois, dit madame Karzof; maintenant on se conduit avec plus de décence.
--Alors, vous n'êtes pas obligée de rappeler votre futur gendre quand Antonine s'éloigne?
--Je ne sais pas comment vous pouvez avoir de pareilles idées, ma chère, fit madame Karzof d'un air mécontent. Mon futur gendre est un homme comme il faut, qui ne se permet pas d'inconséquences.
--Tant pis! fit madame Frakine... pardon, je voulais dire tant mieux. Ah! il ne se permet pas d'inconséquences? c'est très bien. Et que dit Antonine?
--Mais ne vous ai-je pas dit qu'elle ne disait rien? fit la maman impatientée: rien, à la lettre, rien!
--Ah! je comprends, fit la vieille dame, elle ne lui dit rien du tout; et lui, qu'est-ce qu'il en dit?