Paris, 1er décembre.

Cher,

Nous voici arrivées. Je vous ramène une amie un peu douloureuse.

Je ne vous ai pas prié de venir me voir de peur de vous importuner, et sachant que demain nous dînons ensemble chez ma belle-mère avec les d'Aulnet; ne manquez pas de venir. Je voudrais avoir l'impression de mes Lieder hongrois murmurés et joués par vous.

En voici un nouveau, avec le sens des paroles que vous devez versifier sous mes notes.

Vous me ferez entendre mes fautes demain; je ne sais pas les découvrir; si je le savais, je commencerais par ne pas les faire (ceci n'est en rien une citation de M. de la Palisse, comme vous le pourriez croire!) J'ai toujours peur, quand je compose, de tenter plus que je ne peux. C'est une aspiration vers le mieux qui, parfois, m'entraîne dans une fâcheuse marmelade.

CLX
Philippe à Denise.

1er décembre.

Le dîner de demain boulevard Péreire ne me suffit pas; j'irai ce soir présenter mes devoirs et mes tendresses avenue Montaigne. J'avais promis cette soirée rue Murillo pour faire un poker. Je lâche Murillo street et poker.

Et quand elle pense que, sans votre mot porté—bien retardataire!—elle aurait pu, ce soir, apprendre par cette rue et ce boulevard que vous étiez revenue, votre petite lueur voit rouge, madame!