—Ah! c'est vous, ma Mie-Anne?
La petite se lève, ramasse vite ses fleurs et accourt vers nous avec son compagnon, tout cela si franchement, si naïvement, que je ne pus me retenir de lui mettre un baiser au front.
—Vous m'avez appelée, Mie-Anne?
Et, en parlant, ma fille groupait artistement ses fleurs et en glissait une partie dans sa ceinture.
—Tu as là un joli bouquet. Veux-tu me le donner?
—Mie, j'aime mieux vous en cueillir un autre.
—Celui-là me plaît...
—Voyez, les fleurs en sont déjà presque fanées...
—Tu tiens donc tant à ce bouquet?
—Ma bonne amie, je vous en ferai un bien plus beau; celui-là, tenez, je vais en donner la moitié à petite mère (avec un regard vers Claude et devenant rouge en voyant l'air un peu vexé du gamin) parce que petite mère, c'est encore un peu moi... Mais pour vous je cours en chercher un beau, un plus beau ma mie!