En hâte, je vous écris ce mot pour vous remercier de votre réconfortante lettre, de votre virile et sage amitié.
Ah! si ce rêve de m'imprégner de votre force morale pouvait se réaliser...
CIV
Philippe à Denise.
Dimanche, 27 avril.
Je continue d'être triste; votre volonté pas plus que la mienne n'y peut rien. Pour me secouer je pars de nouveau entendre la neuvième Symphonie, mais sans lettre de mon amie ce matin. D'où vient cet oubli? est-ce que la pauvre chérie serait gelée par ce frisquet printemps? ou bien est-ce parce que je ne lui ai écrit qu'un mot? ou bien ma poche ne l'a-t-elle plus tentée? ou bien quoi?
Ne m'en veuillez pas de mon silence. Allons, un bon mouvement, écrivez-moi.
J'ai été ces temps-ci, très occupé de Jacques. Je suis un peu le père de ce gars de vingt ans.
Je vous donne un baiser que vous transmettrez à tite-Lène, s'il vous gêne.
CV
Denise à Philippe.
28 avril.