[21: Dellamaria, né à Marseille en 1778, composa la musique du Prisonnier, de l'Opéra comique, et expira de faim sur une borne de la rue Richelieu.]

[22: Gilbert, né en 1751, en Lorraine, victime de trop beaux vers dirigés contre des hommes puissans, mourut à l'Hôtel-Dieu, en 1780.]

[23: Ce que je propose est exécuté chaque jour à Londres par des compagnies qui achètent les vieilles maisons d'un quartier, et les font rebâtir à leurs frais. Dans ces nouvelles constructions, chaque nouvelle habitation a souvent un petit jardin attenant. Au centre des places ou squares est une enceinte entourée de grilles, et ornée intérieurement de gazons, de fleurs, d'arbres et d'arbrisseaux, pour y entretenir la fraîcheur et y renouveler l'air, si favorable à la conservation de la santé. Les charmantes plantations dont je viens de parler, environnent dans certains squares des statues quelquefois équestres[24], mais presque toujours en marbre ou en bronze. Ces promenades fermées aux étrangers, sont ouvertes aux personnes qui ont acquis le droit d'y entrer. Dans quelques soirées du dimanche, au mois de juin 1815, on exécuta des symphonies à Portman Square, malgré l'usage qui proscrit ce jour-là tout divertissement public à Londres; mais quelques pieux personnages ayant trouvé ces plaisirs trop mondains, ce genre d'amusement fut défendu. De riches propriétaires encouragent singulièrement les entreprises des compagnies que j'ai citées. Le duc de Bedfort céda il y a quelques années un terrain immense placé devant son hôtel à des particuliers qui y firent bâtir un grand nombre de maisons et des squares. Ces édifices composent maintenant une nouvelle ville qui joint pour ainsi dire Londres à Sommerstown. J'ajouterai que par suite du marché conclu avec les acquéreurs de ce vaste domaine, la fortune du noble lord, déjà très-considérable (sept millions de francs de rente), doit sous peu devenir immense. Enfin, Georges IV, n'étant que prince régent, fit ouvrir une rue devant son palais; c'est la plus belle de la capitale. Tels sont les effets d'un vrai patriotisme.]

[24: Guillaume III dans Leicester Square; Georges Ier dans Hanover Square; Georges III dans Saint James Square.]

[25: On contraint le propriétaire qui bâtit sur la voie publique à recevoir et à suivre l'alignement qui lui est tracé par l'autorité compétente; la même puissance n'aurait-elle point droit de le forcer à mettre la corniche de l'édifice qu'il construit de niveau avec celle de son voisin, et d'empêcher par là cette inégalité de toitures, toujours désagréable pour des yeux amis d'une belle uniformité? Si cette mesure n'est point, comme je le crois, contraire aux lois et dépend absolument de la volonté municipale, au moins pour les terrains vendus par le gouvernement et la cité, pourquoi ne la met-on pas à exécution dans les nouvelles constructions des rues Godot et de la Paix? J'ai entendu dire à des hommes d'un grand mérite que cette uniformité perpétuelle des bâtimens était fatigante à la longue (ils citaient Londres comme exemple); mais jamais l'alignement de l'édifice, des fenêtres et du toit, ne produira ce désagréable effet, en supposant surtout que cette triple exigeance n'exclurait point la diversité des ornemens tels que péristyles, colonnades, bas-reliefs pour les grands hôtels et les palais. La monotonie des autres maisons rendrait ces décors plus saillans; mais enfin, et c'est l'objection la plus forte, vous empiétez, ajoute-t-on, sur la liberté qu'a tout individu de bâtir à sa fantaisie; et je réponds que cette liberté reçoit un bien plus grand échec et se trouve blessée bien davantage lorsque, pour élargir la voie publique, on fait perdre au propriétaire de telle maison plusieurs toises carrées du sol qu'il habitait. Ce sacrifice, que lui impose la loi maintenant en rigueur, est très-réel; celui que je propose est bien moindre; il est presque imaginaire et fictif.]

[26: On se montre aujourd'hui bien éloigné de ces idées conservatrices. Pour prolonger la rue d'Artois jusque dans la rue Saint-Lazare, on vient de démolir l'hôtel Thélusson, un des plus pittoresques de Paris, et même l'arcade d'entrée, monument qui ne nuisant point au passage, eût pu subsister comme souvenir et décoration pour ce quartier. On ne sait encore par quel esprit de vertige on détruisit; quelques années avant la révolution, la porte Saint-Antoine, restaurée sous Louis XIV, et couverte de bas-reliefs sculptés par Jean Goujon.]

[27: Tour de Saint-Jean-de-Latran, montagne Sainte-Geneviève.]

[28: Tour dite de l'Horloge et autres contiguës, qui, vues des quais et des points les plus éloignés, font un charmant effet dans la perspective.]

[29: Cloître Notre-Dame, rue des Chantres.]

[30: Rue des Bourdonnais, enseigne de la Couronne d'or, hôtel précédemment occupé par Philippe-le-Bel; par Philippe, duc d'Orléans, frère du roi Jean; par Gui de la Trémouille; par le chancelier Dubourg, ensuite par le président de Bellièvre, et maintenant par un teinturier et un marchand de soieries. Une tourelle, soutenue par deux colonnes, quelques sculptures élégantes, s'y détachent à travers de nouvelles constructions.]